Salut les copains.

Ça sert à rien mais ça fait du bien quand ça sort. Y’ un moment, faut accepter le réel. Entre la fatigue, la résignation, la propagande anti-gilet jaune, la baisse de soutien dans la population, le mépris, l’indifférence, la bêtise, la répression, l’enfermement réactif dans la seule lutte contre la répression, la militarisation de la police, la peur, les désaccords et les incompréhensions en interne, l’incapacité à s’organiser, les luttes uniquement sectorielles et j’en passe, on a perdu la bataille et peut-être même la guerre. L’oligarchie a gagné. Il ne nous reste qu’à manger note merde en s’accusant soi-même de faire parti des faibles et donc des perdants. Ceux qui ne sont rien, les faibles, crèveront de misère et les plus forts écraseront leur voisin pour s’en sortir. Avec la misère présente pour les uns, la misère à venir pour les autres, la peur du lendemain au ventre, l’injustice et l’abrutissement généralisée, la destruction de tous les biens communs, alors les plus forts pourront se permettre de penser à leur gueule pour s’en sortir en croyant le mériter et pour les plus faibles, un peu d’entraide pour adoucir la misère. Mais souriez ! Le règne du consom’acteur et des vendeurs de pseudo-bonheur est arrivé. Trouvez un youtubeur coach en développement personnel, faites du yoga et de la méditation, comptez sur le tarot pour vous rassurer que l’année à venir sera bonne, boycottez ce que vous voulez (les grandes marques, les hypermarchés automatisés, les magasins le dimanche, le coca, le fanta, le plastique, la voiture, le thon rouge, les légumes qui viennent de l’autre bout du monde…), endettez-vous esclave de la petite classe moyenne pour être proprio dans 25 ans de votre éco-habitat ou alors vivez dans une caravane en étant convaincu que si vous êtes pauvre c’est par souci de sobriété à la Pierre Rabhi. Puisque le collectif ne fonctionne pas, replions-nous gaîment sur la pseudo lutte à l’échelle individuelle, convainquons-nous que le monde est tel qu’il est parce que nous en sommes les consommateurs complices. Apparence de puissance dans l’univers cloisonné du prolo impuissant. La morale individuelle en lieu et place de la lutte politique c’est l’avenir des sans-avenirs.

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