Réfléchir sur une des causes de la crise sanitaire mondiale.

La mondialisation et son corollaire national, la métropolisation : une hyper-connexion de l’économie-monde voulue par les chantres du néo-libéralisme et faisant la joie du virus.

Le COVID 19 est en lui-même peu contagieux. Comparons avec la rougeole, qui est l’une des maladies les plus contagieuses. Un porteur de la rougeole, la transmettra à quinze autres personnes. Un porteur du COVID 19 transmettra ce virus à trois personnes. D’où la question : « Alors que le COVID 19 est peu contagieux, comment se fait-il qu’en trois mois il se soit propagé d’un bout de la planète (Wuhan) à l’autre (New York), pourtant séparés par 12 000 km ? » La réponse est simple et d’une évidence telle qu’elle ne peut être contestée : les échanges internationaux, touristiques et commerciaux, qui se portaient déjà très bien, ont explosé ces dix dernières années. Le libre-échangisme solennisé par le modèle néo-libéral et financiarisé, qui a fait sa révolution dans les années 80, d’abord au États-Unis et au Royaume-Unis puis en Europe, favorise donc les pandémies. Ceci n’est pas une opinion, c’est une idée vraie. La forme territorialisée de cette mondialisation est celle de la métropole. Ces métropoles captent les richesses, les emplois, et l’accès aux services publics. Cet aménagement du territoire mondialiste, qui accroît donc les inégalités territoriales, encourage par ailleurs l’hyper-concentration d’individus. Cette promiscuité favorise, bien évidemment, la transmission d’un virus. Qui plus est, ces métropoles en tant que poumons du libre-échangisme, sont volontairement hyper-connectées les unes aux autres, faisant à la fois la joie de l’oligarchie mondialisée et du virus. L’une comme l’autre, ( et ironiquement, mutatis mutandis), voyagent rapidement d’un manoir parisien à une villa New-yorkaise.

La mondialisation néo-libérale est fondée sur la concurrence entre les Nations, réduisant les politiques nationales aux moins-disant social, écologique et fiscal. Les pays ayant comparativement, le meilleur droit du travail, les meilleurs salaires, les réglementations les plus écologiques et un système d’imposition favorisant une juste répartition des richesses, sont donc les plus en proie à la fuite des capitaux. Les industries ne sont plus conduites par de vrais entrepreneurs mais par des technocrates, ignorants du métier, au service d’actionnaires rapaces. Si vous voyez dans cette description, le portrait de la France, vous ne vous y trompez pas. La délocalisation de nos industries, conséquence directe de la révolution néo-libérale, provoquant par ailleurs un chômage et une précarisation de masse, nous rend alors progressivement mais sûrement dépendants des autres pays, y compris en matière de médicaments et de matériels médicales. Cette organisation de l’économie-monde néo-libérale, non seulement favorise la production d’une pandémie, mais en plus, affaiblit considérablement, en cas de crise, notre capacité de résilience. Nous constatons, à l’appel de l’ensemble du personnel hospitalier, un manque de masque, de gel hydroalcoolique et bientôt même de curare (médicament qui rend moins douloureuse l’intubation et qui présente de nombreux autres avantages en contexte de réanimation). Face à ces pénuries, certains se demandent si notre pays appartient au Tiers-monde. La réponse est : Pas encore. Mais la révolution néo-libérale nous y conduit nécessairement et avec toute l’assurance et le mépris des ignorants qui se croient sachants.

Et quant au fait que certains, pétris de sentiments louables, certes, mais coupablement naïfs, s’étonnent de voir l’impréparation et l’inaction de l’Union Européenne – qui ne porte d’Union que le nom, nous leur répondrons par une question : « Comment pouvez-vous croire que la traduction sur le continent européen de cette révolution néo-libérale, puisse être d’une aide quelconque alors qu’elle fait partie, par sa forme même, d’une des causes du problème ? ».

Les néo-libéraux, qui ne gaspillent jamais une crise, profiteront donc de celle-ci pour accroître leur puissance, notamment en affaiblissant encore le droit du travail, les libertés individuelles, et la juste répartition des richesses. Ils en profitent déjà également en testant à grande échelle le télétravail, type d’organisation qui termine de donner une forme individualiste au travail, qui est pourtant, par essence, une œuvre collective. L’après crise sanitaire, et il en aura une, sera suivie d’une crise sociale. Nombre de personnes, smicards, précaires, chômeurs de longue durée, endettés, artisans, restaurateurs, petits entrepreneurs de toutes sortes et divers ubérisés, déjà au bord du gouffre de la pauvreté, vont y tomber. Alors faisons comme les néo-libéraux oligarques ou leurs chiens de garde médiatiques, ne gaspillons jamais une crise. Profitons de ce moment pour sortir de notre ignorance, de notre doux sommeil d’indifférence et unissons-nous. À la fin du confinement, rejoignons-nous dans les rues, et fêtons énergiquement et dans la joie le début de l’achèvement de cette révolution contre les peuples.

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