Soutien à nos Soldats du Feu le 18 Octobre au Mans

En date du 18 octobre 2019 , une trentaine de Citoyens « Gilets Jaunes « sont venus en soutien à Nos Soldats du feu . Nous leurs devions bien ça, vu le manque de reconnaissance de notre gouvernement . Nous pourrions faire le parallèle avec notre combat , mais quoi de plus normal à travers cet article de les mettre en avant . (Nous reviendrons plus en profondeur sur leurs combats dans un futur article)

La rencontre a été conviviale et ponctuée par un échange avec les responsables de la caserne

Voici quelques témoignages et Photos qui étayerons cette rencontre

Témoignages d’un Pompier : « Les pompiers ont été marqués par les propos des gilets jaunes quand ils ont déclaré pendant la manifestation : « le gouvernement n’aurait jamais dû toucher aux pompiers »

Témoignage Max (Citoyens Gilet Jaune) : Aujourd’hui avait lieu un rassemblement devant la caserne des pompiers pour leur montrer notre soutien suite à leur manifestation à Paris. Nous sommes arrivés à 13h30 devant la caserne pour accueillir les personnes qui souhaitaient se joindre à nous . Après avoir installé quelques banderoles et avoir mis nos gilets jaunes, une délégation de deux pompiers est venue nous voir pour savoir pourquoi on était là. Après leur avoir expliqué, ils étaient très contents et très touchés de notre soutien . Après avoir discuté avec eux nous avons pris place dans le rond-point en affichant beaucoup de banderoles expliquant nos revendications , nous avons fait un tour de rond-point tout ça dans une ambiance bon enfant avec pas mal de klaxonne . À 16h30 le rassemblement à pris fin.

Témoignage de Vincent (Citoyen Gilet Jaune ) : » Ce vendredi 18 octobre, une trentaine de gilets jaunes présents en soutien aux pompiers du Mans. Rencontre avec des responsables de la caserne. Nous sommes restés une heure devant la caserne, dans une ambiance bon enfant. Deux responsables des pompiers du Mans sont venus à notre rencontre pour un échange cordial. Ils nous ont donné leurs ressentis sur la manif du 15 et remercié les gilets jaunes de leur soutien. Après cet échange, plusieurs GJ se sont rendus sur le rond-point »

Publié dans Lettre Ouverte | Laisser un commentaire

Aéroport de Paris et hôpitaux : Les Gilets jaunes de la Sarthe se mobilisent !!!!

Pour l’acte 48, les gilets jaunes ont organisé une manifestation en 2 temps le samedi 12 septembre 2019. Le rendez vous était pris à 12h00, place de la République avec plusieurs stands afin de communiquer sur le mouvement social des gilets jaunes et sur les enjeux de la loi PACTE.

Continuer la lecture

Publié dans actions, gilet jaune, manifestation, Politique | Laisser un commentaire

A L’assaut de la municipalité du Mans

Suite a notre article du 03 octobre « Election municipale 2020 : Faut-il y croire »  Nous avons comme prévu solliciter tous les partis politiques locaux , ravi de constater qu’au moment de l’élaboration de cet nouvel article 8 partis sur 9 sont disposés à un échange et 5 prêts à nous rencontrer dans les plus brefs délais . Seul le LFI et le Maire actuel nous a donné aucune réponse .

Continuer la lecture

Publié dans Lettre Ouverte, Politique | Laisser un commentaire

POUR NOS CHER(ES) RETRAITE(ES) et à en devenir

En date du 08/10/2019 à 10h, a eu lieu une manifestation aux mans pour défendre notre système de retraite actuel. L’appel lancé par des syndicats a réuni environ 500 personnes qui avaient décidé de braver les intempéries pour faire entendre leur opposition au projet de modification des retraites. Etaient réunis pour cette occasion, des retraites mais aussi des actifs soucieux de leur avenir et de celui de leurs enfants ainsi que des gilets jaunes.

Continuer la lecture

Publié dans actions, Lettre Ouverte, Loi, manifestation | Laisser un commentaire

Elections municipales 2020 : Faut-il y croire ?

Principal rendez-vous politique de l’année 2020, les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochains. En vue de cette échéance électorale, Que va-t-il en ressortir? Les citoyens locaux vont-ils enfin être entendus ? Les programmes vont-ils être adaptés au besoin des citadins ?

Continuer la lecture

Publié dans Lettre Ouverte, Politique | 2 commentaires

L’état et sa guerre contre les citoyens gilets jaunes

Les manifestations actuelles donnent la stratégie de l’état. Une manifestation non déclarée est illégale, et donne de facto, tous les droits pour la stopper.

Ce qui se passe actuellement Les forces de l’ordre charge dés le début des manifestations

En clair , vous ne respectez pas la loi, cela nous donne TOUS les droits pour la faire appliquer ( principe de responsabilité, mettre fin au désordre  )

Il s’agit donc bien d’une guerre : – vous avez franchi nos frontières , nous sortons les armes .Les gilets jaunes ne pouvaient pas s’attendre à une telle brutalité de l’état car  les revendications sont portées pacifiquement .Le leurre des casseurs , seuls les opposés à ces manifestations peuvent gober l’argument spécieux.

L’état pose donc d’autorité une violence légitime sensée protégé le pays ( les commerçants etc, ) pourtant , les gilets jaunes représentent majoritairement le pays.

Les revendications sont claires : salaires décents en tenant compte du cout de la vie. Participation citoyenne ( plus de démocrate), fin du gel des retraites, revendications écologistes intelligentes concernant l’interdiction d’un ensemble de poisons etc.

Le grand débat devait se nourrir de toute la richesse  » de l’argumentation ».Le gouvernement s’en est sorti par la technique dite « de la pelouse ».

On met un peu d’herbe dans le béton, ça coute pas cher , et tout le monde est content ( la campagne dans la ville ) .Bientôt nous aurons des forets urbaines dans Paris.

Cette stratégie  pose pourtant  une question, et cette question c’est  a qui appartient le pays ? A un peuple, ou à un gouvernement qui n’a même pas l’assentiment d’une majorité de la population ? (

Partant du principe que personne ne peut donner la définition de ce qu’est un français, il sera difficile de faire consensus pour définir ce qu’est un peuple, et je ne parle pas du fameux  » roman national « .

C’est là surtout que la présence des extremes est gênante. Ca brise la démocratie encore une fois.

Les gilets jaunes vont devoir très vite trouver un autre terrain car maintenant la technique est rodée, et plus une manifestation non déclarée ne sera possible.

L’état fin stratège fait ce que les gilets jaunes n’ont pas su faire dés le début savoir : déclarer la guerre, et nous etions quelques uns a savoir que depuis le début , qu’en s’enlisant , que l’avenir serait difficile pour les citoyens gilets Jaunes. 

Pour l’instant, le gouvernement casse des têtes et mutile a tour de bras. Lorsque le gouvernement sera sorti de  » l’angoisse « , ( des entités aussi peuvent êtres angoissées ), il fera la coup des « cercles d’experts » chargés analyser ce qui s’est passé, et d’en tirer des conclusions mais, ne vous y trompez pas, ce sera pour briser facilement  et avec une violence tout autre mais moins visible, le prochain soulèvement.

Qu attendons nous donc pour declarer nos manifestations ?

Publié dans gilet jaune, Lettre Ouverte, Média, Politique, Revendication | Marqué avec , , , , | 3 commentaires

Le Mans Manif devant le domicile de Marlène Schiappa

des gilets jaunes condamnes a des amendes

Marlène Schiappa a déclaré vouloir porter plainte pour toute publication d'images de son domicile. / © Aurelien Morissard / IP3
Sources : maine libre 27/09

Dans l’affaire « Marlène Schiappa et les Gilets jaunes », le délibéré est tombé ce vendredi 27 septembre 2019 au tribunal du Mans. Des peines symboliques allant de 500 à 1 500 € d’amendes ont été prononcées.

Le tribunal correctionnel du Mans a rendu son délibéré ce vendredi 27 septembre dans l’affaire « Marlène Schiappa et les Gilets jaunes ».

Six personnes étaient poursuivies. Toutes ont été condamnées à des peines allant de 500 à 1 500 € d’amendes par le tribunal du Mans. Le tribunal n’a pas retenu l’injure publique en raison du sexe. Un des mis en cause, Gilet jaune de la première heure, a l’interdiction de manifester en Sarthe. Tous devront verser un euro de dommages et intérêts aux victimes.

« Une ligne rouge »

Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, n’avait pas apprécié la visite des Gilets jaunes devant son domicile, au Mans, dans la nuit du 24 au 25 mai 2019.

Un peu avant une heure du matin, « une quarantaine de gilets jaunes furieux ont déboulé devant chez nous, sous nos fenêtres, en hurlant des slogans agressifs, des menaces de mort, en jetant des pétards vers la maison avec outils, sifflets… », écrivait sur Facebook l’élue mancelle. Elle décidait alors de porter plainte, expliquant : « Je peux subir un certain nombre de choses avec résistance et résilience. J’ai une ligne rouge. On ne touche pas aux enfants. »

« Les enfants ont été perturbés plusieurs jours », confirmait le mari de Marlène Schiappa, Cédric Bruguière, le jour du procès.

Le 24 juillet 2019, six gilets jaunes, cinq hommes et une femme âgés de 25 à 51 ans, comparaissaient devant le tribunal de grande instance du Mans. La défense évoquait alors des « convocations excessives » pour une manifestation de 3 min 30 devant le domicile de la secrétaire d’État.

Relaxe plaidée« Dans ce dossier, il y a beaucoup de bruit pour pas grand-chose », lâchait Me Leslie Perez. On reprochait à son client d’avoir joué de la pibole au cours de cette manifestation trop sonore.

Deux gilets jaunes étaient poursuivis pour trouble à la tranquillité d’autrui par agressions sonores ; deux autres pour organisation d’une manifestation sans organisation ; et les deux derniers pour injure publique en raison du sexe et pour outrage. Les avocats avaient plaidé la relaxe.

Publié dans gilet jaune, manifestation, Média, Politique | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Selon le ministère de la Justice « environ 440 » Gilets jaunes ont été incarcérés

Fouilles à nu, absence d’intimité et solidarité entre détenus : Stéphane, Anaël, Maria et Antoine racontent leurs séjours en cabane.

Lundi 10 décembre, tribunal de Valence (26) – La décision du juge percute Maria aussi sèchement qu’un crochet au visage. « Placement en détention provisoire. » La femme, en larmes, s’écroule dans les bras de son voisin, Stéphane. Lui, la gueule encore marquée par les coups de la police au moment de son interpellation, encaisse un peu mieux. « J’avais anticipé dans ma tête. » Tous deux sont accusés de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

Retour deux jours plus tôt, à l’occasion de l’acte IV des Gilets jaunes. Ce matin-là, rencard était filé à la Zac des Couleurs, « pour une opé sur un centre commercial de Valence », rembobine Stéphane. Que du classique, sauf qu’en fin de matinée, l’affaire tourne au vinaigre quand les CRS décident de faire le ménage à coups de lacrymos. « On s’est tous mis à courir », raconte la militante communiste, venue de son côté.

Dans la cacophonie, nos deux prévenus aperçoivent deux hommes qui semblent se castagner avec des Gilets jaunes. Pour aider les copains en jaune, Stéphane entre dans la mêlée. « J’ai mis un coup », confesse-t-il. Soudainement, l’un des deux individus, en mauvaise posture, dégaine un flingue et braque les Gilets jaunes. « J’ai paniqué, je me suis dit qu’il allait tirer », déroule Maria. « Mon cerveau s’est mis à fonctionner tout seul. » Dans une tentative désespérée de détourner son attention, elle contourne l’arme et arrache le bonnet du gus. L’altercation ne dure que quelques secondes. C’est au comico quelques heures plus tard que tombe la mauvaise nouvelle : l’individu qui a dégainé est le patron des flics du coin, en civil ce jour-là (1).

Fouilles à nu, absence d’intimité et solidarité entre détenus : Stéphane, Anaël, Maria et Antoine racontent leurs séjours en cabane.

Lundi 10 décembre, tribunal de Valence (26) – La décision du juge percute Maria aussi sèchement qu’un crochet au visage. « Placement en détention provisoire. » La femme, en larmes, s’écroule dans les bras de son voisin, Stéphane. Lui, la gueule encore marquée par les coups de la police au moment de son interpellation, encaisse un peu mieux. « J’avais anticipé dans ma tête. » Tous deux sont accusés de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

Retour deux jours plus tôt, à l’occasion de l’acte IV des Gilets jaunes. Ce matin-là, rencard était filé à la Zac des Couleurs, « pour une opé sur un centre commercial de Valence », rembobine Stéphane. Que du classique, sauf qu’en fin de matinée, l’affaire tourne au vinaigre quand les CRS décident de faire le ménage à coups de lacrymos. « On s’est tous mis à courir », raconte la militante communiste, venue de son côté.

source : Street Presse

Malgré un casier vierge et des circonstances confuses, les deux Gilets jaunes sont envoyés en détention préventive. Deux cas, parmi une multitude : aucun mouvement social contemporain n’a été autant judiciarisé. Selon la place Beauvau, près de 4.700 Gilets jaunes ont été envoyés devant les tribunaux. [Pour les chiffres détaillés, voir l’encadré en bas de l’article.]

« On a assisté, pendant ce mouvement social, à une submersion du système judiciaire », commente l’avocat, Martin Mechin :

« Il y a eu une volonté de la part du gouvernement de casser le mouvement. Le parquet, qui n’est pas indépendant, a mené une politique hyper répressive en proposant des peines lourdes. »

Toujours selon le ministère de la Justice, « environ 440 » personnes ont, dans le cadre de ce mouvement social, été envoyées en prison. Soit dans le cadre d’une détention provisoire, soit après condamnation.

source : Street Presse

Présumé coupable

« La prison, ça fait peur, ça fait mal, ça dissuade », soupire l’avocat Raphaël Kempf, qui défend plusieurs Gilets jaunes incarcérés. Antoine a été emprisonné à Fleury-Mérogis. « Ça l’a brisé », raconte son avocat Martin Mechin, quand on l’interroge sur ce dossier. Une souffrance que son client n’évoque pourtant qu’avec pudeur. À mots couverts. « La prison, ça a changé beaucoup de choses », confie-t-il à peine. Presque quatre mois derrière les barreaux, c’est long. Surtout quand on est innocent. Ce qu’il clame. « J’ai beaucoup de colère, mais j’ai mûri aussi, je crois. »

Son affaire a fait les gros titres de la presse. Le Jurassien est accusé d’avoir éborgné un policier. « Je n’ai jamais avoué, parce que je n’ai rien fait », répète-t-il inlassablement. Et le dossier est mince. Un seul témoin, policier. « Ils étaient 19 dans cette brigade. Les 18 autres n’ont rien vu », abonde son avocat. Aucune preuve matérielle. Pas d’enregistrement vidéo.

Une manifestation de Gilets jaunes, le 16 mars 2019. source : Street Presse

Les faits remontent au 24 novembre, acte II des Gilets jaunes. Ce jour-là sur les coups de 18h, il est interpellé aux abords des Champs-Élysées. Il l’ignore alors, mais l’un des fonctionnaires de police vient de le désigner à ses collègues, dans la foule, pour qu’ils l’attrapent. À peine cueilli, les bleus veulent lui faire payer pour le collègue à l’hosto. L’un d’entre eux le saisit par les cheveux et lui tape la tête contre un fourgon. « Un autre m’a mis une matraque au trou de balle et m’a dit : “Tu te souviens de Théo ?” [en référence à Théodore Luhaka à qui un policier a inséré une matraque dans l’anus] ». Ce n’est que le début. Le chef, « celui qui a témoigné contre moi », se pointe, raconte Antoine. Le policier lance aux autres fonctionnaires :

« Pas de traces, pas de pitié ! »

Les coups pleuvent. Kick dans les parties intimes, béquilles, claques… Mais la consigne de ne pas laisser de traces est respectée. « À la fin, je n’ai eu que deux bleus au niveau des jambes. » Il est ensuite envoyé au comico. Pendant sa garde à vue, il ne pipe mot de ces violences. « J’allais pas baver sur leurs collègues. On est chez eux… » C’est seulement face au juge d’instruction (2), plusieurs semaines après, qu’il fera le récit de ce passage à tabac.

L’arrivée en cabane.

Entre temps, c’est la descente aux enfers. En garde à vue, il découvre les faits qui lui sont reprochés. Coup dur, lui qui s’imaginait sortir au bout de 24 heures. « Je croyais que j’étais là pour une barricade. » Après 48 heures de garde à vue, ponctuée de coups de pression, il est présenté au juge des libertés et de la détention (JLD) chargé de statuer sur son sort. « Eduardo [Mariotti, son second avocat] m’avait préparé. Il m’a dit : “Tu vas aller en prison, il faut tenir le coup”. J’étais psychologiquement prêt. » Incarcéré le 26 novembre 2018 à Fleury-Mérogis, Antoine est probablement le premier Gilet jaune placé en détention.

Une manifestation de Gilets jaunes, le 16 mars 2019. source : Street Presse

Une fois passées les portes du pénitencier, tout le monde a droit au même cérémonial. « On te retire tes affaires personnelles, ton identité. Tu deviens un numéro », explique Antoine. Suivi d’une fouille minutieuse. « À poil, touche tes orteils, tousse ». « Ils ont même fouillé mes dreads », complète Maria, la « hippie ». Puis placement en cellule. Pour les fumeurs, c’est le moment de la première clope, après 48 heures de manque. C’est aussi le moment de la distribution des paquetages offerts à chaque arrivant. « Dedans, il y a deux draps et une trousse de toilette. T’as pas de coupe-ongles, mais t’as de la cire pour t’épiler. Ça m’a fait marrer », se souvient la militante communiste :

« Là, dans cette cellule, c’est un peu bizarre, mais en fait j’étais soulagée. J’ai pu prendre une douche. Après la garde à vue, ça fait du bien. »

Et puis, il y a la télé. En prison, le petit écran, omniprésent, fait office de lucarne sur le monde. Pour Antoine, les nouvelles sont mauvaises. Son affaire tourne en boucle sur les chaînes d’info en continu. Elles annoncent, sans conditionnel, l’arrestation de l’homme qui avait éborgné un flic. « J’ai compris que j’étais déjà coupable médiatiquement. »

La taule a ses règles

Pour chaque détenu, le séjour en cabane commence par quelques jours en quartier arrivant. Sorte de sas de décompression. À partir de là, les détenus n’ont plus droit à aucune intimité, explique Maria :

« Un jour une surveillante est entrée alors que j’étais en train de faire caca. »

C’est aussi à partir de ce moment que le sentiment d’enfermement commence à se faire sentir. « T’as un lit, un bureau, une télé. Et c’est tout. À chaque fois que tu sors, t’es menotté », détaille Stéphane, enfermé à Valence. « Tout est programmé », complète Antoine. « T’as la promenade. Un jour c’est le matin, l’autre l’après-midi. Et le reste du temps, il faut s’occuper. » Dormir le plus possible et tuer le temps. Pas mal de télé, donc. Quelques parties de cartes ou d’échecs. Et parfois, les activités proposées aux détenus.

Une manifestation de Gilets jaunes, le 17 février 2019 source : Street Presse

Pour Maria, c’est la bibliothèque. « Le seul endroit où je ne me sentais pas en prison. » La jeune femme se lie d’amitié avec la détenue en charge des lieux. « Elle m’a prise sous son aile, m’a appris la prison » et ses règles tacites. « Elle m’a dit : “Au début t’écris tous les jours à ton avocat. Tu postules à toutes les activités. Ils te proposent du tricot ? Tu fais du tricot ! Tu rentres à fond dans le jeu de la prison” ». Et puis elle découvre qu’il faut rendre service à ses co-détenus. « Un soir, on m’a demandé de faire passer un yoyo. » Grâce à un pendule confectionné à partir de draps déchirés, les détenus se font passer des objets de cellule en cellule :

« Je me dis que si j’accepte et que je me fais choper, ça peut me causer des emmerdes. Mais que si je refuse, je risque de me mettre d’autres détenus à dos. Alors j’ai fait passer. »

Pour tous, le statut de Gilet jaune facilite l’intégration. Ils ont plutôt la cote auprès des détenus. « Et quand en plus tu dis que t’es en prison parce qu’on t’accuse d’avoir frappé un commissaire, alors là, pour se faire des copines, il n’y a pas mieux », rigole-t-elle. Mais la situation peut vite changer en cabane. « Ça a été les montagnes russes émotionnelles », complète-t-elle. Après quelques jours, l’administration la prive ainsi d’accès à la bibliothèque (3). « Ça m’a mis un sacré coup. » Depuis sa cellule, Maria angoisse aussi pour son chat et son chien, enfermés dans son appart’ depuis son arrestation :

« Quand j’ai appris que mes animaux étaient à l’abri, j’ai fondu en larmes. J’étais sur la corde raide. »

Une cellule dormante de Gilets jaunes

Anaël, lui, détaille son séjour à Fresnes par des phrases courtes et précises. « C’est vraiment délabré. Des cafards, des fourmis. » Et des rats ? « Il paraît », mais il n’en a pas vus. « On a eu beaucoup de solidarité. » À son arrivée, un détenu lui prête des fringues. Un autre, sa plaque chauffante. Aucune colère ne pointe dans sa voix, à peine de l’agacement. 28 jours de trou pour rien, il y aurait pourtant de quoi gueuler.

Une manifestation de Gilets jaunes, le 15 décembre 2018 source : Street Presse

Le 1er mai, le Gilet jaune avait prévu de manifester sur Paris. Arrivé la veille avec 4 connaissances, ils décident d’économiser une nuit d’hôtel. Leurs voitures, garées au bois de Vincennes, feront bien l’affaire. D’autant que la météo est clémente. Mais au petit matin, une patrouille de police toque aux carreaux de son véhicule. « Sortez s’il vous plaît. » Bougon au saut du lit, Anaël prend son temps. La pression et le ton des fonctionnaires montent. Et à peine descendu de la guimbarde, le Gilet jaune est menotté. Fouille des coffres. Les policiers trouvent « un feu à main » (sorte de fumigène) et « un feu de bateau » (petit feu d’artifice). Garde à vue pour toute la bande, et mises en examen sur la base du désormais fameux « délit de participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations ». Plus surprenant : Anaël et deux autres membres de cette cellule dormante de Gilets jaunes sont ensuites placés en détention provisoire au prétexte de cette intention présumée.

En attente de procès

Après près de trois semaines d’enfermement, Anaël repasse devant le juge des libertés et de la détention (JLD) qui doit statuer sur une éventuelle sortie. La partie commence sous les meilleures hospices. « Même la procureure voulait bien. » Pourtant, le juge décide du maintien en détention d’Anaël :

« J’aurais voulu sortir mais comme mon pote n’était pas très bien, d’une certaine manière ça m’allait. J’ai pu rester pour le soutenir. »

Retour en prison. Anaël sera finalement libéré après 28 jours à Fresnes et un nouveau passage devant le JLD. Il est encore à ce jour dans l’attente de son procès, renvoyé en 2020. Maria et Stéphane ont, quant à eux, retrouvé leur liberté après 10 jours. Un véritable soulagement pour la militante communiste :

« C’était l’hiver, je me disais que je pouvais encore tenir 2 ou 3 mois, mais plus, je pèterais un plomb. »

Leur procès s’est tenu le 26 décembre. « Au tribunal, le policier a reconnu que je n’avais peut-être pas frappé son collègue », raconte Maria. Elle écope de neuf mois de prison dont six avec sursis. Elle a choisi de ne pas faire appel. Stéphane est condamné à 12 mois, dont six avec sursis. Pas de mandat de dépôt : ni l’un, ni l’autre ne retourneront en cellule. Antoine, quant à lui, a finalement été libéré le 15 mars, après presque quatre mois de détention préventive. Il est toujours en attente d’un éventuel procès, qui ne se tiendra que si le juge d’instruction estime le dossier suffisamment épais. Vraisemblablement pas avant 2020. En attendant, il a repris ses boulots de saisonnier : il a passé l’été dans un parc d’accrobranche et doit passer l’hiver en station de ski.

La détention crée des solidarités

Tous se disent marqués, à des degrés divers, par leur séjour derrière les barreaux, et surtout par ce qu’ils y ont vu. « Un jour, je me suis retrouvé avec une sérial killeuse en promenade. Elle se mettait sur des vieux et quand elle était sûre d’être sur leur testament, elle les tuait. Elle avait une aura dans la cour ! Elle marchait genre avec deux détenues, en mode garde du corps », raconte Maria « Une autre, une tox’, avait mis son bébé dans la machine et lancé le programme. Elle était complètement ailleurs. Faut dire, en prison, tu vois toute la misère. La moitié des détenus ne savait ni lire, ni écrire. » Dans l’univers carcéral, les CV des Gilets jaunes détonnent :

« Les filles m’ont dit : “T’as pas le profil pour être là.
-Comment ça ?
-Ben, tu t’exprimes bien…”
J’ai été un peu bluffée de découvrir qu’il y avait un profil pour aller en prison. Il y a très peu de blanches. »

Même genre de remarques pour Anaël. « Tu vois bien qu’en France on met en prison les noirs et les arabes des quartiers populaires. Ils m’ont dit : “Faut que tu parles de ce qu’on vit. Toi t’es blanc, tu passes bien”. »

Une manifestation de Gilets jaunes, le 8 décembre 2018. source : Street Presse

Depuis leurs sorties, Stéphane, Anaël, Maria et Antoine se sont engagés, chacun à sa manière, aux côtés des détenus. Le premier a monté une « association anti-répression » pour « donner des conseils, aider tous les militants arrêtés. Pas que les Gilets jaunes, ceux qui aident les migrants aussi ». Antoine s’est rapproché de L’Envolée, un collectif qui édite un journal composé notamment de lettres de détenus et anime une émission de radio avec des proches de prisonniers pour maintenir « un lien entre l’intérieur et l’extérieur ». Maria et Anaël s’emploient à alerter sur la situation derrière les murs. « La prison, ça intéresse peu les militants. Mais maintenant, on peut en parler », détaille le premier. La seconde évoque la condition particulière des femmes. « Il faut expliquer qu’elles ne sont pas ou peu soutenues. Les hommes, t’as leurs copines qui viennent. Les filles, elles se retrouvent souvent seules. » Une situation amplifiée par la distance. Incarcérée à Lyon, elle était à plus de trois heures de route de son domicile. « Souvent, elles sont loin de leurs proches parce qu’il y a moins de quartiers pour femmes. » Et d’énumérer les conséquences :

« Ça veut dire pas de visites, pas de colis de linge, pas de mandats. »

Après sa sortie, Maria a aussi gardé contact avec son ancienne co-détenue. « On avait bien sympathisé. Elle était là pour une arnaque au crédit à la consommation. » Maria lui écrit régulièrement. « Au bout d’un moment, je ne comprenais pas pourquoi elle ne sortait pas, alors j’ai appelé son avocat. » Il lui apprend que son amie est domiciliée en Belgique, ce qui l’empêche d’obtenir une libération assortie d’un placement sous contrôle judiciaire. « Alors je lui ai fait une attestation d’hébergement. Genre elle va habiter chez son ancienne co-détenue qui était en prison pour des violences sur un flic », se marre la militante. « Eh ben le juge a dit : “Pas de problèmes”. Elle vit toujours chez moi. »


UNE RÉPRESSION JUDICIAIRE INÉDITE

Contacté par StreetPress, le ministère de la Justice a joué la transparence (c’est important de le noter quand ça arrive). Début juillet 2019 :

– Environ 11.000 personnes placées en garde à vue
– Parmi lesquelles 2.200 classements sans suite et 2.400 « décisions d’alternatives aux poursuites » (essentiellement des rappels à la loi).
– 4.700 affaires ont fait l’objet de renvoi devant les tribunaux, dont un peu moins de la moitié dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate.
– Un peu plus de 3.000 condamnations ont déjà été prononcées. Un tiers de ces condamnations ont donné lieu à des peines d’emprisonnement ferme (de quelques mois à 3 ans). Grâce aux aménagements de peine (bracelet électronique par exemple), tous ces condamnés ne sont pas allés en prison.
« Environ » 440 mandats de dépôt ont été décernés (exécution d’une peine ou détention provisoire).

De nombreuses enquêtes sont toujours en cours (généralement dans le cadre préliminaire) et 150 informations judiciaires ont été ouvertes « afin d’identifier les auteurs des faits les plus graves ».

source : Street Presse

Publié dans actions, gilet jaune, manifestation, Média, Rassemblement, Répression, Revendication, Violences policières | Marqué avec , , , , , , , | Un commentaire

Marche des Femmes le 08/09/2019

Bilan de la marche des femmes: 35 à 40 personnes mobilisées pour battre le pavé de la place de la république au vieux Mans en passant par le marché des Jacobins. Du tractage, des rencontres enrichissantes et variées pour interpeller, motiver et bien sûr se montrer. Fin de la manifestation au bout de 2h30 devant la préfecture.
On est là, on est là ! 🎶 BRAVO A EUX … Aujourd’hui 40, la semaine prochaine 100!!!! il faut y croire.

Photos de cette belle journée!!!

Continuer la lecture

Publié dans gilet jaune, manifestation, Rassemblement, Revendication | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Mini Débat Éric Lemesre Délégué UPR

ERIC LEMESRE REPRESENTANT UPR DE SARTHE

EXCUSEZ NOUS DU RETARD DE RETRANSCRIPTION Mini-débat du 17 Juin 2019

Etes-vous d’accord pour répondre à 5 questions filmées à la fin du mini débat. Elles feront parties d’un montage avec les personnalités politiques qui ont déjà accepté cet exercice?

EL: oui

 Intervenants : Ophélie Damien Michel Fred Christine Valerie ….

Pouvez-vous nous parler de votre Parti ,ses grandes Lignes directives , Bilan des Européennes? (10 min)

Continuer la lecture

Publié dans Politique, Revendication | Marqué avec , | Laisser un commentaire